Mander (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

X e siècle. Issu du latin mandare, « donner en mission, confier ». Envoyer dire, faire savoir par lettre ou par message (vieilli). S'emploie le plus souvent lorsqu'on adresse à quelqu'un un ordre, une instruction. Je lui ai mandé cette nouvelle. On lui a mandé qu'il vînt, de venir. Par ext. Mander quelqu'un, lui donner avis ou ordre de venir. On a mandé tous les parents. Il fut mandé chez le notaire.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Envoyer dire, faire savoir, par lettre ou par message. "Je lui ai mandé cette nouvelle. Je lui ai mandé par un de ses amis ce qui s'était passé. Je lui ai mandé qu'il vînt. Je lui ai mandé de venir."
"Mander quelqu'un," Lui donner avis ou ordre de venir. "On a mandé tous les parents. On a mandé le notaire. Il fut mandé chez le percepteur." Il vieillit.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Mander quelqu'un, lui donner avis ou ordre de venir.
CORN.: « Seigneur, César vous mande, et Maxime avec vous »
CORN.: « Seigneur, Félix vous mande au temple »
LA FONT.: « Il manda donc par députés Ses vassaux de toute nature »
LA FONT.: « Celui-ci [le roi lion] parmi chaque espèce Manda des médecins »
    Il a mandé ses équipages, ses carrosses, ses chevaux, etc. il a donné ordre qu'on les lui envoyât.

 2   Envoyer dire, faire savoir par lettre ou par message.
SÉV.: « On mande que le roi d'Angleterre est arrivé en Irlande, où il a été reçu avec transport »
BOSSUET: « Mandez-moi ce qu'il faut pour la nourriture et les ustensiles de ces pauvres femmes »
BOSSUET: « Il mande à ses agents dans la conférence qu'il n'est pas juste que la paix de la chrétienté soit retardée davantage à sa considération »
VOLT.: « Je vous écris, monseigneur, dès que j'ai quelque chose à vous ; alors mon coeur et ma plume vont vite »
VOLT.: « On sait qu'il [Henri IV] mandait au duc de Sully que sa marmite était renversée, ses pourpoints percés par le coude, ses chemises trouées ; et c'était le plus grand roi de l'Europe qui écrivait ainsi ! »
    Je ne le lui ai point mandé, je le lui ai dit, phrase par laquelle on fait entendre qu'on n'a pas craint de dire en face à quelqu'un une chose fâcheuse.

 3   Mander que, ordonner par une lettre (avec le subjonctif).
CORN.: « Sur le point de partir, Rome, seigneur, me mande Que je vous fasse encor pour elle une demande »
    Mandons et ordonnons, premiers mots du mandement qui termine les actes publics faits ou rendus au nom du souverain.

 4   Envoyer, en parlant d'une lettre, d'une nouvelle.
SÉV.: « J'ai vu Guitaut et sa femme ; ils vous aiment ; mandez-moi un petit mot pour eux »
FÉNEL.: « Faites-moi simplement de vos nouvelles sans vous donner la peine d'écrire vous-même »

 5   Se , v. réfl. Être mandé, être transmis par lettre ou par message. Des choses qui ne se mandent pas par la poste.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. III: Mandez [à] Carlon, al orguillus, al fier....
     ib. CXXVI: Com faitement [de quelle façon] lui ons nouvelles ?
     ib. CXCV: Li reis vous mande que vous le secourez
    XIIème siècle
     Ronc. 39: Marsille mande des Sarrazins la flor
     ib. 157: Baron, dist Charles, je vous ai fait
     ib. XXVI: Charles mande et commande que treü [nous] lui devon Sax. XXV. Quant Hurepois entendent que Charles au fier vis Leur a mandé tel mant, chascuns fu engramis [irrité]
     Th. le mart. 33: Li reis li a mandé qu'il seit prez l'endemain De respundre e de rendre sun acunte tut plain
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Sire, li dus de Venise et li quens Looys de Blois, mes [mon] sires, et li autre baron qui sont dedens Constantinoble, vos mandent salut come à leur seigneur »
     la Rose, 3811: Ou païs ne remest maçon Ne pionnier qu'ele ne mant
JOINV.: « Lors li firent dire les deux mestre, que moult estoit hardi leur seigneur, quant il avoit osé au roy si dures paroles »
    XIVème siècle
H. DE MONDEVILLE: « Aux reins est mandée une artere du cuer [coeur] passant par le milieu du foie »
    XVème siècle
E. DESCH.: « Ore est li temps qu'on ne fait que [appeler les hommes au service militaire] ; Mais li mandez destruisent leur contrée, Prennent, pillent quan qu'ils peulent trouver »
     Les 15 joyes de mariage, p. 105: S'il est gentilhomme, et le prince face sa mandée et son armée, si la dame veult, il ira
    XVIème siècle
COTGRAVE: « À rien il ne faut pas de messager »
ID.: « À toile ordie Dieu mande le fil »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. mandar ; catal. manar ; espmandar ; ital. mandare ; du lat. mandare.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Envoyer dire, faire savoir, par lettre, ou par message. "Je lui ai mandé cette nouvelle. Je lui ai mandé par un de ses amis ce qui s'était passé. Ne voulez-vous rien à Paris? Je lui ai mandé qu'il vînt. Je lui ai mandé de venir."
"Mandons et ordonnons." Premiers mots du mandement qui termine les actes publics faits ou rendus au nom du roi.
Prov., "Je ne le lui ai point mandé, je le lui ai dit en face," Je le lui ai dit sans crainte, hardiment.
"Mander quelqu'un," Lui donner avis ou ordre de venir. "On a mandé tous les parents. Il a mandé son intendant. On a mandé le médecin, le notaire. Il fut mandé à la cour."
"Il a mandé ses équipages, ses carrosses, ses chevaux, etc.," Il a donné ordre qu'on les lui envoyât.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Envoyer dire, faire savoir ou par lettres, ou par messager. "Je lui ai mandé cette nouvelle. Je lui ai mandé par un tel, que.... Ne voulez-vous rien à Paris? Je lui ai mandé qu'il vînt, je lui ai mandé de venir".
On dit proverbialement, pour faire entendre qu'on n'a pas craint de dire en face à quelqu'un une chose fàcheuse, "Je ne lui ai point mandé, je lui ai dit que"....



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Envoyer dire, faire savoir ou par lettres, ou par messager. "Je lui ai mandé cette nouvelle. Je lui ai mandé par un tel, que ..... Ne voulez-vous rien à Paris? Le Roi a mandé à tous les Gouverneurs des Provinces. Je lui ai mandé qu'il vînt."
On dit proverbialement, pour faire entendre qu'on n'a point craint de dire en face à quelqu'un une chose fâcheuse, "Je ne lui ai point mandé, je lui ai dit que...."



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Envoyer dire, faire sçavoir, ou par lettres, ou par Messager. "Je luy ay mandé cette nouvelle. je luy ay mandé par un tel que .... ne voulez-vous rien à Paris? le Roy a mandé à tous les Gouverneurs des Provinces. je luy ay mandé qu'il vinst".
On dit prov. pour faire entendre qu'on n'a point craint de dire en face à quelqu'un une chose fascheuse, "Je ne luy ay point mandé, je luy ay dit".
"Mander quelqu'un," C'est luy donner avis ou ordre qu'il ait à venir. "On a mandé tous les parents. il a mandé son Intendant. le Roy a mandé le Parlement. il a esté mandé à la Cour. il a mandé ses équipages, ses carrosses, ses chevaux, ses chiens &c".




Emplacement dans le dictionnaire :

mandarinat
mandarine
mandarinier
mandat
mandataire
mandaté
mandater
mandatif
mandement

mandibulé
mandibule
mandille
mandrier
mandriner
manege
manège
manégé
manége
mânes
manes




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Edmond ROSTAND (Cyrano de Bergerac)

...vient vivement à Cyrano.) Cuigy, à Cyrano. Monsieur De Guiche ! (murmure. Tout le monde se range.) vient de la part du maréchal de Gassion ! De Guiche, saluant Cyrano. ... qui tient à vous mander son admiration pour le nouvel exploit dont le bruit vient de courre. La Foule bravo ! ... Cyrano, s'inclinant. le maréchal s'y connaît en bravoure. De Guiche il n'aurait jamais cru le fait si...


Citation n°2 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...jésuite. Un autre soir, il plut à la comtesse de Mailly, laquelle passait à cette époque pour avoir déniaisé le roi Louis Xv : elle était déjà descendue jusqu'en son carrosse, lorsqu'elle fit mander le musicien par ses laquais et l'emmena coucher. En reconnaissance, elle lui fit cadeau d'un nécessaire, le plus joli du monde et tout d'argent façonné à la manière d'une timbale aplatie,...


Citation n°3 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...ou à plaindre ? Pour les calomnies du marquis, je n'y répondrai pas. libre à vous de renoncer à ce que vous appeliez une passion bien heureuse : vous m'avez trop blessée pour que je puisse vous mander autre chose que mon étonnement d'une conduite qui n'est pas digne du prince charmant que j'ai cru plus noble encore de coeur que de race. lord Astor m'aima assez pour m'épouser et votre altesse...


Citation n°4 de André THEURIET (La Maison des deux barbeaux)

...chercher, murmura Mlle Lénette, ce sont nos seules parentes... il faut être bons pour elles ! ... je veux les embrasser aussi... un nouvel étouffement lui ôta la parole. Hyacinthe avait fait mander Mme De Coulaines et sa fille ; mais avant qu'elles eussent fait le trajet de la rue des saules à la rue du bourg, l'ange de la mort, dont le vol silencieux va plus vite que les pas humains, était...


Citation n°5 de Charles NODIER (Jean Sbogar)

...leur étoit venu à l'hôpital de sainte-Marie une bienfaitrice de plus. Le jour de sa profession, longtemps retardé à cause de son extrême foiblesse, étoit enfin arrivé quand deux sbires vinrent la mander au nom de la justice. L'instruction du procès des brigands étoit achevée. Ils avoient été condamnés à la peine capitale au nombre de quarante ; mais rien ne prouvoit que Jean Sbogar fût parmi eux,...


Autres Recherches
Synonymes
Conjugaisons
Synonymes : cliquez ici
Conjugaison du verbe : cliquez ici


Accès direct à ptidico.com: cliquez ici...